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mardi 27 octobre 2015

Roland et Patrocle

Nous avons donné, jeudi 15 octobre, au cours du colloque Voix, rythme et geste dans la poésie antique et moderne, en ouverture du spectacle Sosie et autre duos, un dialogue entre l'épopée grecque et l'épopée française, entre le chant XVI de l'Iliade et la première partie de la Chanson de Roland. Les rapprochements que nous avons choisis ont intéressé certains spectateurs, en particulier parce qu'ils étaient aussi enseignants. Pour répondre à leur curiosité, en voici le texte, où les extraits de l'Iliade sont traduits en hexamètres dactyliques français par Philippe Brunet, et ceux du Roland en décasyllabes épiques assonancés par votre serviteur.

mercredi 18 mars 2015

Petőfi Sandor

Pour qui s'intéresse à la métrique et à la versification, la poésie hongroise est fort intéressante. En effet, elle utilise la rime, la métrique syllabique et la métrique quantitative, et ce éventuellement dans un même poème. Ainsi, si j'ai bien compris, le poème de Petőfi Sandor, le plus fameux de la littérature hongroise, qui a constitué une espèce d'hymne national après la révolution de 1848 :

Szabadság, szerelem!
E kettő kell nekem.

Szerelmemért föláldozom
Az életet.

Szabadságért föláldozom
Szerelmemet.

est constitué d'un premier distique d'hexasyllabes rimés, vers composés de deux trisyllabes, hémistiches réguliers terminés par une syllabe longue. On peut aussi considérer ces trisyllabes comme des anapestes où chacune des deux brèves peut être remplacée par une longue. Ces hexasyllabes fonctionneraient donc comme l'alexandrin français, où on a deux hexasyllabes terminés par une longue (syllabe tonique), dont les cinq premières syllabes sont indifféremment longues ou brèves (toniques ou atones). Les quatre derniers vers sont une série de dipodies iambiques (chaque distique est composé d'un vers de quatre pieds iambiques et d'un vers de deux pieds iambiques, où chaque iambe peut être remplacée par un spondée), avec des rimes croisées qui correspondent en réalité à un parallélisme : la rime vient de la construction syntaxique parallèle, marquée par des désinences identiques:

U — — / UU — // U — — / — U —

U — U — U — U — // U — U — // U — — — U — U — // U — U —

On pourrait sur cette structure traduire ainsi le poème de Petőfi :

Etre libre, amoureux:
en deux mots, être heureux.

Pour mon amour, je donnerais
même la vie.

Pour être libre, je donnerais
même l’amour.

N.B. En hongrois, l'accent graphique (qui est dessiné comme un double accent s'il est placé sur une voyelle surmontée d'un tréma: ő) marque une longue. L'accent tonique, qui n'allonge pas la syllabe, est placé systématiquement sur la première syllabe du mot.

mercredi 3 décembre 2014

De la Russie à l'Amérique

Comme nous aimons les listes, et comme nous aimons les grands livres, encore une liste de livres, pleine d'arbitraire subjectif, pour découvrir la littérature au-delà de la France, dans «l'espace culturel européen».

mardi 17 décembre 2013

Si on ne peut plus raconter d'histoires, alors autant pour les femmes accoucher au dessus des tombeaux...

Quelques pentamètres iambiques tirés de Shakespeare (Macbeth, V, 5) :


La vie ? Une ombre en marche, un pauvre acteur

qui cabotine et geint sur un tréteau,

et puis qu'on n'entend plus ; ce n'est qu'un conte

qu'un idiot conte, plein d'enragés qui hurlent,

et qui n'a pas de sens.


Life's but a walking shadow, a poor player

That struts and frets his hours upon the stage

And then is heard no more ; it is a tale

Told by an idiot, full of sound and fury

signifying nothing.

dimanche 14 novembre 2010

La vérité...

На все вопросы были прекрасно изложены ответы, и ответы, не подлежавшие сомнению, так как они не были произведением всегда подверженной ошибкам человеческой мысли, но все были произведением служебной деятельности.

Les réponses à toutes les questions étaient nettement exposées, et ne donnaient prise à aucun doute ; elles n'étaient pas en effet le résultat de la pensée humaine, trop sujette à erreur, mais le résultat de l'activité administrative.

Tolstoï, Anna Karénine, IV, 6