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jeudi 22 décembre 2016

Vocabulaire latin (2)

Voici une nouvelle version du plan d'étude du vocabulaire latin fondamental, où le classement des verbes n'est pas essentiellement morphologique, mais syntaxique. Ils ont été en effet classé en fonction de leur construction «fondamentale», ce qui constituera une aide précieuse pour le professeur qui souhaite construire des exercices de version, de thème, de composition de phrases adaptés au niveau d'apprentissage de ses élèves.

dimanche 18 décembre 2016

D'adorables petites déesses

Parce que certains de mes élèves aiment beaucoup la mythologie, une petite friandise de Noël :

lundi 12 décembre 2016

Vocabulaire latin

Ces documents peuvent être utile pour organiser l'apprentissage du vocabulaire latin. D'abord, un plan d'étude des 500 mots de base du vocabulaire latin, classés d'un point de vue essentiellement grammatical :

Ensuite, une chrestomathie fondée essentiellement sur les «locutions latines», avec le soutien épisodique de Virgile et en particulier des 7 premiers vers de l'Énéide, pour apprendre les 32 mots les plus courants de la langue latine, dans l'esprit des programmes du Grip:

mardi 29 novembre 2016

Les déclinaisons latines

Il apparaît que nombreux sont ceux qui ne connaissent pas, dans les déclinaisons latines, la longueur des désinences. Or quelques-unes sont très utiles pour comprendre les textes, et en particulier lorsque les longues y sont indiquées (on distingue plus facilement un ablatif féminin singulier d'un neutre accusatif pluriel, par exemple). Voici donc un tableau des règles de déclinaison en latin, où les longues sont indiquées.

(Tableau complété avec la déclinaison de l'adjectif et quelques techniques d'apprentissage.)

vendredi 9 septembre 2016

Leçons de latin — seconde

Reprenant du latin en seconde, je m'essaie à rédiger les leçons nécessaires d'initiation pour mes élèves qui ne parviennent pas à se souvenir du sens du nominatif ou de l'accusatif. Chaque leçon se veut adaptée pour deux heures de cours. Je m'efforce de veiller à ce qu'une véritable progressivité soit assurée: on avance pas à pas, de façon que tous comprennent et capitalisent les connaissances solidement.

Ainsi, les deux premières leçons ne comprennent pas d'exercices en latin: la priorité est donc pour l'instant la compréhension de la grammaire française, de la façon la plus simple et intuitive possible. Les phrases d'exercice en latin n'arriveront qu'après avoir présenté les déclinaisons de façon intelligible pour nos élèves, et donc après avoir repris les notions basiques d'analyse grammaticale.

Enfin, on le verra, ces premières leçon s'appuient sur l'ouverture de l'Énéide, qu'on fait découvrir et apprendre très progressivement aux élèves. Ainsi, chaque leçon se veut doublement profitable — d'abord en tant qu'auxiliaire du cours de français, ensuite parce qu'elle enseigne efficacement, sans poudre aux yeux, la langue latine.

En .odt, avec des commentaires pour le professeur:

vendredi 11 mars 2016

La conjugaison latine

L'infectum

Voici une fiche qui résume la moitié (l'infectum) de toute la conjugaison latine... en montrant qu'elle est accessible même à un in-fans, puisqu'il suffit de savoir babiller «Areuh» !

Le perfectum

Ce jour-là, c'était d'une fermière que Zeus-Jupiter était tombé amoureux. Mais, alors qu'il manigançait ses manœuvres avec le fiston porteur de messages pour approcher la belle malgré l'époux indélicat, la déesse aux yeux de vache, la belle Héra, écoutait aux portes. Elle prit donc ses dispositions...

Pour obtenir les faveurs de notre belle et fraîche Perrette, sans éveiller les soupçons du mari, notre tombeur divin se fait coq dans la basse-cour. Oui, mais pas de Perrette à la ferme ; juste une vilaine poulette un peu déplumée... Héra-Junon avait devancé le dieu du tonnerre en faisant de sa rivale une vile et veule volaille.

L'ami Jupiter rentre furieux sur l'Olympe. Avant d'aller s'asseoir sur son trône, il jette un coup d'œil dans les appartements de sa femme, qu'il entend rire avec une joie tonitruante. Il s'assoit en bougonnant au sommet de la montagne des dieux et se frise les moustaches, quand son boiteux de fils vient lui demander ce qui lui arrive. Il lui raconte tout, jusqu'aux rires de sa femme. Et Mercure de se précipiter dans la salle :

— Héra, e(lle) rit ! e(lle) rit !

— Y sait.

Et les dieux nous avaient donné le moyen de connaître la conjugaison du perfectum en latin. (ERA/ERI/ERI/ISSE)

Les 22 verbes fondamentaux

La conjugaison des verbes latins n'est pas aussi difficile que celle des verbes grecs. Il peut être bon cependant de l'apprendre méthodiquement. De quels verbes faut-il apprendre les temps primitifs en priorité ? Voici une liste organisée des 22 verbes les plus importants, qu'il faut absolument connaître pour lire et écrire en latin. Avec leurs composés, ils représentent plus d'un tiers des occurrences verbales dans la littérature latine classique.

Ils sont présentés ici de façon mnémotechnique : 2 fois 3 verbes irréguliers, au sens où on ne peut les ranger sous aucune conjugaison « régulière », et 4 fois 4 verbes « classables ». On peut considérer que ces temps primitifs sont ceux qu'il est indispensable de connaître lorsqu'on passe le bac de latin.

(Notez bien que reddō n'est pas un verbe de la 1re conjugaison, mais est bien un verbe en consonne : il nous a paru cependant plus commode de le ranger sous le verbe , auquel il est apparenté.)

Les 47 verbes essentiels

Après les 22 verbes fondamentaux, voici les 47 verbes essentiels; en ajoutant les uns aux autres, vous connaîtrez plus de la moitié des verbes que vous croiserez dans à peu près n'importe quel texte latin. On a aussi ajouté, ici et là, deux ou trois «trucs» mnémotechniques un peu idiots...

jeudi 10 mars 2016

Cicéron

Nos éditions des textes de Cicéron :

  1. L'exorde de la première Catilinaire de Cicéron, avec les longues:

  2. L'édition de la troisième philippique destinée à la déclamation : les voyelles longues par nature y sont notées, grâce à l'aide du logiciel de Gilles de Rosny. C'est le texte qui a été dit à Grenoble le 28 janvier pour l'équipe "Rare" de l'université Stendhal. La ponctuation et la mise en page ouvrent la voie à une lecture — compréhension et déclamation — plus accessible et naturelle:
  3.  Notre édition complète et annotée du Dē amīcitiā:

dimanche 21 février 2016

Ceux qui désirent autre chose

Le livre I des Satires d’Horace paraît en 35 ou 34 avant J.-C., alors que l’alliance entre Octave et Marc-Antoine commence à se fissurer. Pendant qu’il mène campagne en Illyrie, Octave laisse aux commandes de Rome et de l’Italie le richissime Mécène, l’un de ses plus sûrs hommes de confiance. Horace est, quoiqu’il ait été tribun militaire dans le camp républicain, avec son ami Virgile, l’un des poètes qu’il protège et soutient.

Les Satires sont en réalité, d’après leur titre original, des Sermōnēs — c’est-à-dire, bien qu’écrits en hexamètres dactyliques, des conversations enjouées et légères : le moraliste évoque le quotidien des Romains avec une réjouissante familiarité.

Nous livrons ici la première de ces satires, qui évoque d’une façon extrêmement vive, dans un style aussi mordant que séduisant, l’éternel mécontentement des hommes, qui trouvent que l’herbe est toujours plus verte dans le champ des voisins, à commencer par celui de l’avare.

Notre texte est macronisé et ponctué de la façon la plus suggestive possible, afin d’en rendre la lecture aussi naturelle que possible : le caractère presque sautillant de l’hexamètre d’Horace devrait être sensible, même aux latinistes les moins ferrés en versification.

Les difficultés liées à la langue ou au contexte culturel sont éclairées par une annotation choisie ; les mots absents des Mots Latins de Fernand Martin sont donnés, de sorte qu’on pourra se passer du Gaffiot et de ses chausses-trapes.

vendredi 19 février 2016

Bellum Gallicum

696 ab urbe conditā — nous sommes en 58 avant J.-C. César, sous prétexte de la migration des Helvètes, part conquérir la Gaule. Le récit de cette conquête, quoique assez fidèle, est l’une des armes qui lui permettra de l’emporter sur Pompée et de prétendre au pouvoir absolu. Le livre I du Bellum Gallicum, que nous livrons ici,raconte cette première année de campagne, où César règle le compte des Helvètes puis de l’arrogant Arioviste.

Notre édition, ponctuée de frais et macronisée, est pourvue de titulī de notre cru qui doivent en favoriser la lecture apertō librō. Indiqués en marge et récapitulés dans une table des matières (capita rērum), appuyés sur une riche et éclairante annotation historique et contextuelle, ils aident à se frayer un chemin aux côtés de César dans la Gaule du Ier siècle avant J.-C.

L’annotation linguistique débrouille les quelques constructions difficiles : le style de César, comme celui de Cicéron, est, par essence, le style classique décrit par les grammaires ; surtout, la ponctuation et la notation des longues, qui permet de mieux distinguer nombre de formes, éclaircissent la lecture en facilitant l’analyse. On a cependant veillé à ce que les rares mots absents des Mots Latins de Fernand Martin soient traduits, de sorte qu’on pourra lire ce livre en évitant de se perdre dans le Gaffiot.

dimanche 24 janvier 2016

Fiches de grammaire latine (2)

Dans la série des modes nominaux du verbe, voici la fiche de révision sur le participe :

lundi 4 janvier 2016

Fiches de grammaire latine (1)

Pour une fois, nous ne commencerons pas par le commencement, mais par la partie la plus difficile de la grammaire : l'analyse logique. Trois parties dans l'analyse logique : les modes nominaux du verbe, les subordonnées à un mode personnel, et les difficultés de construction. Pour les modes nominaux, commençons par l'infinitif, que nous étudions ici à la fois pour sa syntaxe et pour sa morphologie :

samedi 2 janvier 2016

Virgile et Du Bellay

Quand Du Bellay traduit Virgile...

vendredi 1 janvier 2016

Les prépositions latines

Afin de structurer un peu la connaissance des prépositions latines, au delà d'une simple liste, un essai de lier syntaxe et sémantique (même si la partie iconique de la fiche est assez laide, et mériterait d'être dessinée) :

dimanche 27 décembre 2015

Fiches de vocabulaire latin

Nous inaugurons ici une collection de fiches de vocabulaire, avec une fiche sur sum organisées selon notre goût des nombres, et pour la commodité de la mémorisation, en trois parties et trois sous-parties.

La partie étymologique donne d'abord la racine indo-européenne (en l'espèce les deux racines, puisque sum conjugue, au sens propre, deux signifiants indo-européens différents). Je note -e- pour e/o/ø, et les consonnes aspirées par un -h- en exposant. Les exemples tirés des langues indo-européennes, cousines du latin, sont pris dans les langues qu'on étudie en France (anglais, allemand et russe). Ils permettent de voir que la racine supposée en proto-indoeuropéen constitue une sorte de point commun entre ces langues. On voit ici par exemple que la bilabiale sonore aspirée [bh] est liée au [b] de будет, de be, au [w] (bilabiale sonore spirante) de was, au -ph- de ἔφῡν, aux labiodentales [v/f] de war et de fuī.

Les exemples tirés des langues romanes sont eux aussi tirés de celles qui sont souvent étudiées dans l'enseignement secondaire français — je ne suis toutefois pas encore en mesure de donner les descendants catalans et occitans. D'autre part, l'organisation des parties concernant la morphologie lexicale (la famille de mots latins) et la sémantique est largement dépendante du mot étudié.

Après le verbe intransitif par excellence, sum, voici celui que nous avons considéré comme le prototype des verbes transitifs :

Voici le troisième verbe, prototype des verbes se construisant avec l'infinitif : possum. On remarquera peut-être dans cette fiche l'intérêt de lier syntaxe et sémantique, lien qui constitue l'un des nœuds de notre conception de la grammaire.

Ensuite, nous envisageons une série de trois fiches sur les noms latins, en commençant par l'âme, si difficile à définir :

Profitons-en pour indiquer les ouvrages que nous utilisons pour ces fiches :

  1. Alfred Ernout et Antoine Meillet, Dictionnaire étymologique de la langue latine — histoire des mots.
  2. Pierre Chantraine, Dictionnaire étymologique de la langue grecque — histoire des mots.
  3. Félix Gaffiot, Dictionnaire latin-français.
  4. Antoine Meillet et Joseph Vendryes, Traité de grammaire comparée des langues classiques.
  5. Andrew Sihler, New comparative latin and greek grammar.
  6. Morisset, Gason, Thomas, Baudiffier, Précis de grammaire des lettres latines.
  7. Alfred Ernout et François Thomas, Syntaxe latine.
  8. Linguistics research center of the University of Austin in Texas, http://www.utexas.edu/cola/centers/lrc/, et en particulier le lexique indo-européen basé sur le livre de Julius Pokorny, Indogermanisches etymologisches Wörterbuch.

mercredi 2 septembre 2015

Phèdre de Sénèque

La Phèdre de Sénèque est au programme du baccalauréat pour le latin en 2016 et 2017. Nous en avons sélectionné quelques extraits particulièrement frappants, dont on pourrait proposer l'étude à des élèves de Terminale. Les voyelles longues, comme d'habitude, sont notées; nous avons utilisé la typographie pour rendre sensible le mouvement des textes, en particulier pour les extraits longs. Ils pourront ainsi être facilement coupés pour que leur longueur soit abordable. Les voyelles élidées sont notées «en exposant», afin de faciliter la scansion à haute voix des sénaires iambiques, dimètres anapestiques et autres asclépiades mineurs.

Notez que ce type de présentation des textes est fort commode pour le baccalauréat : la quasi-absence de notes permet aux candidats de mettre en valeur leurs connaissances en en donnant pas le sentiment qu'ils se contentent de relire ce que l'appareil éditorial leur fournit.

On s'apercevra, à la lecture à haute voix, en latin, que Sénèque le tragique est beaucoup moins indigeste qu'il ne paraît l'être quand on le découvre en français dans une traduction universitaire — quoique nous n'ayons pas encore eu l'occasion d'éprouver celle de Florence Dupont.

P.S. le fichier .odt permettra à ceux qui le souhaitent de mettre en page ces textes comme ils le souhaitent, en particulier si les voyelles élidées en forme d'apostrophes ne leur plaisent guère.

dimanche 30 août 2015

Petite chrestomathie de la philosophie latine (11)

Nous inaugurons ici, avec Lucrèce, une collection de textes utiles pour apprendre — une chrestomathie, donc — le latin et la philosophie. Elle couvrira l'ensemble de la latinité, du premier siècle avant J.-C. au XVIIe. En voici le programme provisoire, élaboré avec l'aide de quelques internautes philosophes :

I. Anciens

  1. Lucrèce, Dē rērum nātūrā, début du livre II 
  2. Cicéron, De officiīs, Dē amīcitiā ?
  3. Sénèque, Lettres à Lucilius
  4. Saint Augustin, chapitre X des Confessions, ou XI, IV, ch. 4
  5. Boèce, Consolation
  6. Jean Scot Erigène

II. Médiévaux

  1. Abélard
  2. Roger Bacon
  3. Saint Thomas
  4. Guillaume d'Ockham
  5. Anselme, chapitres II-III-IV du Proslogion
  6. Duns Scot

III. Humanistes

  1. Nicolas de Cues
  2. Marsile Ficin, In convivium, VI, 17
  3. Pic de la Mirandole
  4. Erasme
  5. Thomas More, L’Utopie
  6. Calvin

IV. Classiques

  1. Giordano Bruno, Le banquet des Cendres
  2. Gassendi
  3. Descartes, Meditationes, II, « Le morceau de cire »
  4. Spinoza, Traité théologico-politique, XX, 14-15 « Eloge de la liberté » ; incipit du Tractatus de Intellectus Emendatione.
  5. Locke, Epistola de Tolerantia
  6. Hobbes, Leviathan ou De Cive

Et voici Cicéron... Un passage sélectionné, la version alpha de notre édition de L'amitié.

Une lettre de Sénèque a déjà été sélectionnée ici :

Nous arrivons déjà au IVe siècle, avec Augustin d'Hippone — Saint Augustin pour les chrétiens. Nous avons choisi un extrait du livre X des Confessions, dans lequel Augustin s'étonne de la puissance de la mémoire.

Nous avons ainsi un (tout) petit ensemble de quatre textes pour initier à la philosophie en latin, utilisable en terminale, avec un texte majeur de chacun des philosophes majeurs de l'antiquité au sens strict. Ils sont ici rangés dans l'ordre chronologique. Si la difficulté de la langue y est décroissante, la longueur des extraits, en revanche, est croissante, de sorte qu'on peut les étudier dans l'ordre proposé.

Toute petite chrestomathie de la philosophie latine

Voici le cinquième auteur et donc le cinquième texte de l'ouvrage : Boèce s'interroge sur la recherche de la vérité, en dimètres anapestiques.

Nous arrivons au IXe siècle, et, avec la renaissance carolingienne, à la toute fin de ce que nous considérons  comme l'antiquité tardive, en étirant quelque peu cette période, où le latin est la seule langue de culture de l'Europe occidentale, où les Européens se revendiquent encore tous de l'héritage romain. Jean Scot Erigène est le dernier jalon de cette antiquité-là. Le Periphyseon est son œuvre majeure. Dans l'extrit que nous avons choisi, il évoque ce que la raison peut dire de Dieu.

Et de 7 ! Voici le fameux extrait du Proslogion d'Anselme de Cantorbéry, qui prétend apporter la démonstration dite ontologique de l'existence de Dieu.

Nous arrivons maintenant au XIIe siècle, avec Abélard. La partie proprement philosophique de ce récit est assez réduite, mais très importante au plan de l'histoire de la philosophie, et le texte est très intéressant pour entrevoir dans quelles circonstances la philosophie peut se faire.

Thomas d'Aquin est probablement le philosophe chrétien du Moyen Âge le plus important. Il s'attaque ici à la question de la vérité, en suivant Aristote (Philosophus), Avicenne et Augustin :

Le texte suivant, extrait de la Summa Logicæ, met en œuvre le fameux «rasoir d'Ockham» (qui n'est pas d'Ockham), à propos des vocables de «première» et de «seconde» intention :

Nous continuons avec un extrait de l'Opus Mājus de Roger Bacon, qui n'offre peut-être pas une très grande profondeur philosophique, mais permet d'introduire de façon légère les questions sur le langage dans le contexte médiéval. Il faut connaître les langues, dit le Doctor Mīrābilis.

Nous arrivons au terme de la première partie de notre chrestomathie philosophique, avec un extrait assez ardu du doctor subtilis : Duns Scot. Qu'est-ce qui fait l'individualité d'un individu dans son espèce ?

Et voici l'ensemble des douze premiers textes, qui couvrent l'ensemble des périodes antique et médiévale :

dimanche 21 juin 2015

Petite chrestomathie de la philosophie latine (1)

Nous inaugurons ici, avec Lucrèce, une collection de textes utiles pour apprendre — une chrestomathie, donc — le latin et la philosophie. Elle couvrira l'ensemble de la latinité, du premier siècle avant J.-C. au XVIIe. En voici le programme provisoire, élaboré avec l'aide de quelques internautes philosophes :

I. Anciens

  1. Lucrèce, Dē rērum nātūrā, début du livre II 
  2. Cicéron, De officiīs, Dē amīcitiā ?
  3. Sénèque, Lettres à Lucilius
  4. Saint Augustin, chapitre X des Confessions, ou XI, IV, ch. 4
  5. Boèce, Consolation
  6. Jean Scot Erigène

II. Médiévaux

  1. Abélard
  2. Roger Bacon
  3. Saint Thomas
  4. Guillaume d'Ockham
  5. Anselme, chapitres II-III-IV du Proslogion
  6. Duns Scot

III. Humanistes

  1. Nicolas de Cues
  2. Marsile Ficin, In convivium, VI, 17
  3. Pic de la Mirandole
  4. Erasme
  5. Thomas More, L’Utopie
  6. Calvin

IV. Classiques

  1. Giordano Bruno, Le banquet des Cendres
  2. Gassendi
  3. Descartes, Meditationes, II, « Le morceau de cire »
  4. Spinoza, Traité théologico-politique, XX, 14-15 « Eloge de la liberté » ; incipit du Tractatus de Intellectus Emendatione.
  5. Locke, Epistola de Tolerantia
  6. Hobbes, Leviathan ou De Cive

mercredi 17 juin 2015

Le grip propose des programmes pour le latin dans le secondaire

Le latin, dans le système éducatif français, est l’une des constituantes essentielles du domaine des Lettres, qu’elles soient « classiques » ou « modernes ». On a pu se demander si son apprentissage était indispensable. Les fondateurs de l’école primaire publique ont même dû se résoudre à le laisser en quelque sorte de côté, en en faisant une option dans le cursus des futurs instituteurs, considérant que l’étude de l’ancien français pouvait compenser ce manque. C’est ainsi que le latin n’a pu faire partie du programme des Ecoles Primaires Supérieures, ni des écoles normales, et qu’il est resté l’apanage du système secondaire, au sein duquel il a connu de nombreux avatars. La riche réflexion pédagogique primaire n’a donc pas pu profiter à l’enseignement du latin, confiné dans le secondaire et empêtré dans des querelles politico-idéologiques assez dérisoires.

Il est possible cependant que ce renoncement au latin ait été l’une des faiblesses du système primaire mis en place par Buisson. En effet, sans le latin, le recours au seul ancien français pour étudier l’histoire de notre langue se révèle assez rapidement inopérant et fastidieux. D’autre part, il apparaît que l’étude des auteurs latins les plus classiques, fût-elle rudimentaire, est presque indispensable pour apprendre à lire une partie essentielle des auteurs français. Enfin, la quasi-disparition tradition humaniste de la traduction (thème et version) pour apprendre à lire et écrire le français, pour permettre aux élèves de s’approprier les textes les plus importants, les plus beaux, les plus intéressants a pu amener les études littéraires à se perdre parfois dans des considérations aussi oiseuses qu’absconses. C’est en particulier avec le renouveau du thème et de la version, abordés d’une façon réaliste et progressive, que l’étude du latin — qui inclut forcément à la fois la langue et la littérature latine, donc sa culture — peut être un des outils qui permet d’apprendre à lire et à écrire avec davantage d’esprit de géométrie et d’esprit de finesse.

On pourrait s’étendre indéfiniment sur les finalités du latin. Le propos n’est pas là. Il faut d’abord savoir de quel enseignement nous parlons — comment, aujourd’hui, on peut enseigner le latin. C’est-à-dire, avant tout, selon quelle progression sur plusieurs années, ce qui s’appelle un programme1.

On notera que les programmes, quoique la progression d’une année à l’autre soit notée précisément, sont organisés par « cours », selon la logique moderne de l’école primaire française. Un cours se fait sur deux années : l’on étudie environ 70 % du programme du cours la première année, et on reprend ce programme intégralement pour l’approfondir la seconde année, de sorte que l’immense majorité des élèves ait acquis, à la fin des deux années une assez bonne maîtrise de l’essentiel de ce programme, qui a donc été vu et revu2.

Certains points du programme pourront demander aux enseignants un approfondissement de leur formation, tant il est vrai que bien souvent, une meilleure pédagogie d’une discipline exige une meilleure maîtrise de cette discipline.

1Comme les ministères de l’éducation nationale se sont évertués, depuis la catastrophe Vichyste, à publier des programmes de moins en moins cohérents, qui ne sont plus des programmes que par leur nom. On s’avise depuis quelques années à donner aux programmes un nom latin : il s’agit, selon une « logique curriculaire », de rédiger des curricula, pour signifier que ceux-là seront des vrais, des bons. Soit. Pourquoi pas. Cela fait toujours plaisir d’inventer l’eau tiède. En plus, quand la chose a un nom latin, elle impressionne toujours les ignorants.

2Le cas du cours d’initiation au latin, on le verra, est un peu différent, puisque la première année est beaucoup plus réduite en volume horaire.

dimanche 7 juin 2015

L'instruction des Orateurs — livre X

Ici, le texte de Quintilien au programme des agrégations de Lettres Classiques et de Grammaire pour 2016 et 2017, édité pour la lecture (macronisé, surponctué, titulisé) comme à notre usage... avec une table des matières qui deviendra bientôt indispensable. A lire, à copier, à méditer et apprendre sans modération.

P.S. Il s'agit de la version β, complète et utilisable mais qui demande encore une ou deux relectures pour éliminer quelques coquilles.

P.P.S. Très utile: le texte annoté par W. Peterson en 1891, ici.

lundi 20 avril 2015

Préface de l'Instruction des Orateurs

Quintilien, le grand pédagogue latin, est au programme de l'agrégation. C'est une bonne nouvelle. L'on pourra commencer à le connaître en lisant la préface qu'il donne à son ĪNSTITŪTIŌ ŌRĀTŌRIA. Le texte est macronisé, pourvu d'une nouvelle ponctuation, et de titulī, comme c'est maintenant notre usage. On y lira que ce Fabius-là est tout ce qu'il y a de plus moderne.

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